Auto-entrepreneur : TVA 2026, à savoir
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Auto-entrepreneur : TVA 2026, à savoir

Découvrez les évolutions de la TVA pour les auto-entrepreneurs en 2026 et anticipez les impacts sur votre activité dès maintenant.

Le 20/02/2026 par Sophie L.

En 2026, un tournant majeur s’annonce pour les auto-entrepreneurs en France : les seuils de franchise de TVA vont être révisés. Ce changement, loin d’être anodin, pourrait bouleverser la gestion quotidienne de nombreux travailleurs indépendants. Pour certains, c’est une opportunité d’aller plus loin dans leur développement. Pour d’autres, c’est une complexification administrative redoutée.

Mais que signifie concrètement cette évolution ? Quels seront les nouveaux seuils applicables ? Et surtout, quelles conséquences pratiques pour la facturation, la comptabilité, ou encore les rapports avec les clients ? Derrière cette réforme se cachent des enjeux fiscaux, économiques et parfois même politiques qui divisent la communauté des auto-entrepreneurs.

Que vous soyez en phase de création d’activité ou déjà bien lancé, comprendre la réforme de la TVA 2026 auto entrepreneur est essentiel pour anticiper, s’adapter et éviter les mauvaises surprises. Décryptage d’un changement aussi technique que stratégique.

Ce qui change en 2026 : nouveaux seuils de TVA pour les auto-entrepreneurs

À partir du 1er janvier 2026, les règles de TVA pour les auto-entrepreneurs vont profondément évoluer. Le principal changement concerne le seuil de franchise en base de TVA, qui sera désormais abaissé à 37 500 € de chiffre d’affaires annuel pour la majorité des activités. Pour les secteurs du BTP et des travaux immobiliers, un seuil spécifique encore plus bas s’appliquera : 25 000 €.

Concrètement, si un auto-entrepreneur dépasse ce seuil, même de quelques euros, il devra :

  • Facturer la TVA à ses clients,
  • La déclarer via un formulaire adapté,
  • La reverser à l’État selon une périodicité définie (mensuelle ou trimestrielle).

À noter également : des seuils majorés permettront une certaine tolérance avant de perdre définitivement la franchise. Ils seront fixés à 41 250 € (ou 27 500 € pour le BTP).

Jusqu’à fin 2025, les auto-entrepreneurs bénéficiaient de seuils bien plus élevés, notamment 91 900 € pour les activités commerciales. La chute est donc vertigineuse pour certains secteurs. Ce nouveau cadre vise à harmoniser le régime français avec les normes européennes, mais il oblige désormais de nombreux auto-entrepreneurs à s’initier à la gestion de la TVA.

En dessous des seuils, la mention "TVA non applicable, article 293B du CGI" reste obligatoire sur les factures. Au-delà, les auto-entrepreneurs devront indiquer le taux de TVA, son montant, ainsi que le prix HT et TTC, sans oublier le numéro de TVA intracommunautaire.

Cette réforme n’est pas anodine : elle marque un tournant dans le régime simplifié des auto-entrepreneurs, en imposant une vigilance accrue dès les premiers euros dépassés.

Impacts pratiques : obligations, facturation et gestion de la TVA au quotidien

À partir de 2026, franchir le seuil de TVA pour un auto-entrepreneur impliquera bien plus qu’un simple changement de tarif. C’est toute une nouvelle organisation à mettre en place, souvent dans l’urgence.

Première conséquence concrète : la facturation. Dès que le seuil de 37 500 € (ou 25 000 € pour le BTP) est dépassé, l’auto-entrepreneur doit facturer la TVA. Cela signifie :

  • Appliquer le taux de TVA adapté (souvent 20 %) sur chaque prestation ou vente.
  • Faire apparaître clairement le montant HT, la TVA et le TTC sur les factures.
  • Inscrire son numéro de TVA intracommunautaire.

Et si l’on reste sous le seuil ? Il faudra continuer à mentionner « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Mais attention, un simple dépassement ponctuel suffit à faire basculer dans le régime réel de TVA.

Deuxième impact : la gestion comptable. Déclarer et reverser la TVA devient une obligation. Cela implique :

  • Une inscription au service des impôts des entreprises pour obtenir un numéro de TVA.
  • Des déclarations périodiques (mensuelles ou trimestrielles) à remplir, souvent avec l’aide d’un logiciel de gestion ou d’un expert-comptable.
  • La collecte et le reversement régulier de la TVA à l’administration fiscale.

Enfin, dès septembre 2026, les auto-entrepreneurs soumis à la TVA devront recevoir leurs factures par voie électronique. Une nouvelle transition numérique à anticiper, surtout pour ceux qui gèrent encore leur activité sur papier ou via des outils basiques.

En clair, la réforme transforme le quotidien des auto-entrepreneurs : plus de rigueur, plus de paperasse, mais aussi une gestion plus professionnelle de leur activité.

Enjeux et controverses : pourquoi la réforme divise les auto-entrepreneurs

La réforme de la TVA prévue pour 2026 soulève de nombreuses tensions dans la communauté des auto-entrepreneurs. Si certains y voient une nécessaire mise à niveau du régime, d'autres dénoncent une rupture avec l'esprit originel de la micro-entreprise : simplicité, accessibilité et faible charge administrative.

Pour les professionnels qui travaillent majoritairement avec des particuliers, cette réforme est vécue comme un véritable coup dur. En devant appliquer la TVA dès 37 500 € (ou 25 000 € pour le BTP), ils craignent de perdre en compétitivité. Deux choix s’offrent à eux :

  • Augmenter leurs tarifs TTC, au risque de dissuader leurs clients fidèles
  • Réduire leur marge pour absorber la TVA, ce qui fragilise leur rentabilité

Autre point de discorde : la complexification administrative. Devoir gérer des déclarations de TVA, tenir une comptabilité plus rigoureuse et s’adapter à la facturation électronique, représente une lourde charge pour des indépendants souvent seuls aux commandes. Beaucoup redoutent de devoir faire appel à un comptable, grevant davantage leur budget.

En toile de fond, certains dénoncent une volonté politique d’"uniformiser" les statuts au détriment des plus petits. Pour eux, cette réforme remet en question l’ADN même du régime auto-entrepreneur, initialement pensé pour encourager l’activité indépendante, même à petite échelle.

À l’inverse, d’autres professionnels saluent une mesure qui pourrait renforcer la légitimité des auto-entrepreneurs face aux entreprises classiques. La collecte de la TVA peut en effet être perçue comme un symbole de professionnalisation, notamment dans les relations B2B.

Entre volonté de simplification fiscale pour l’État et sentiment de complexité croissante pour les micro-entrepreneurs, la réforme 2026 divise profondément. Et chacun, selon son secteur et sa clientèle, y voit soit une opportunité, soit un obstacle de plus sur un parcours déjà exigeant.

La mise en place de la TVA 2026 pour les auto-entrepreneurs marque un tournant significatif dans le régime simplifié. En relevant les seuils de franchise de TVA, cette réforme vise à offrir davantage de flexibilité aux petites structures, tout en les incitant à mieux anticiper leur croissance. Mais elle soulève aussi de nombreux défis : gestion administrative plus complexe, adaptation des outils de facturation, ou encore risque de perte de compétitivité pour certains profils.

Face à ces évolutions, il est essentiel pour chaque auto-entrepreneur d’anticiper les changements à venir, en se formant et en ajustant dès maintenant sa stratégie de gestion. La TVA ne sera plus un simple seuil à surveiller, mais une composante structurelle de l’activité à intégrer au quotidien. Comprendre les implications concrètes de cette réforme devient donc un levier indispensable pour rester agile et compétitif sur un marché en mutation.

En somme, la TVA 2026 auto entrepreneur ne se résume pas à une réforme technique : elle redéfinit les contours mêmes du statut. Une opportunité pour certains, un défi pour d’autres — mais dans tous les cas, un changement à ne pas prendre à la légère.

Auto-entrepreneur : TVA 2026, à savoir

Crédits photo : Shutterstock / OX. Thomas

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Sophie L.

Rédactrice web et spécialiste du marketing digital, j'ai fait une licence de marketing digital et une en communication, puis j'ai travaillé comme community manager en indépendant. Désormais, je me suis mise à la rédaction sur le même thème sur mon temps libre !
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